Les mots à toutes les sauces

Les mots à toutes les sauces

Le vocabulaire n’a rien de neutre, surtout lorsque des néologismes sont créés ou que des expressions anciennes se voient attribuer des significations nouvelles, souvent au contraire de l’originale. Voici une liste des mots à manipuler avec des pincettes si l’on n’est pas capable de s’en donner spontanément une signification convenable et sans équivoque.

Âme
Bureaucratie
Capital, capitalisme
Citoyen (adjectif)
Démagogie
Démocratie
Diversité
Droits de l’Homme
Durabilité
Écologie, écologique
Égalité
Émotion
Empathie
Idéologie
Inclusion
Jamais
Justice
Libéral, libéralisme
Liberté
Libre arbitre
Négationnisme
Phobie
Populisme
Recyclable
Renouvelable
Résilience
Responsabilité
Socialisme
Tolérance
Toujours
Valeur
Vérité
Woke

Âme

Insondable de l’être humain, sauf pour soi-même, et encore…

Bureaucratie

Fruit d’un manque de confiance qu’une administration exprime vis-à-vis de ses administrés, au point même de générer encore plus de défiance, devenant mutuelle dans un système à rétroaction amplificatrice.

Si la confiance régnait, la bureaucratie deviendrait inopérante et inutile.

Capital, capitalisme

Ce fut le génie de Karl Marx que de théoriser la relation entre capital et travail. Mais aussi ce fut l’origine d’une confusion sociale, attribuant l’un et l’autre à des classes différentes et opposées dans une lutte incessante. Le travailleur chôme si aucun capital ne contribue à fournir des outils de travail. Les capitaux chôment si personne n’utilise les outils de travail. Le travail s’exerce à l’instant en un endroit précis, les capitaux circulent et s’investissent pour plus ou moins longtemps. Tous deux sont nécessaires à la vie économique de toute société, quel qu’en soit le régime politique. La question de la propriété ou du contrôle de l’un ou de l’autre n’y change rien.

Ce sont ses adversaires qui ont inventé le capitalisme, comme s’il s’agissait d’une idéologie. Le programme du parti socialiste suisse a toujours l’objectif d’être en rupture avec lui et de le dépasser, sans vraiment exposer comment. On reste obnubilé par les démons que l’on se crée soi-même.

Parmi les plus grands capitalistes il faut compter les fonds de pension, étatistes ou privés, qui gèrent les épargnes de milliards de gens, tous étant ou ayant été des travailleurs rémunérés.

Citoyen (adjectif)

Il est réconfortant de constater que l’Académie français s’élève contre l’utilisation d’un adjectif dérivé de citoyen, citoyenne : personne ayant droit de cité et qui y jouit des droits civils et politiques, ce qui est clair, net et sans équivoque.

Des qualités citoyennes seraient ainsi attribuées à des comportements, avec une échelle de valeur implicite qui exprimerait un engagement politique au nom d’une société civile distincte de la société dans son ensemble et surtout pas composée de ses représentants élus, ni de ses gouvernements et administrations locaux et nationaux.

Une prise de la Bastille deviendrait permanente pour établir ou rétablir une citoyenneté bien particulière et sélective, ce qui est anticonstitutionnel.

Démagogie

Le démagogue exerce son pouvoir en flattant et excitant la foule, en lui suggérant des sentiments. Son but n’est pas de convaincre ni d’œuvrer à un bien commun.
Souvent confondu avec populisme alors qu’elle ne s’adresse pas seulement au peuple ou aux petites gens, mais aux masses.

Démocratie

Le suffixe -cratie indique que c’est le peuple, démos, qui exerce le pouvoir. Cependant, la foule n’est pas un lieu de débats conclusifs et ne permet pas une gestion efficace des choses communes à ce peuple. Il faut donc déléguer des compétences, aussi appelées pouvoirs, à des institutions législatives, exécutives et judiciaires, bien séparées mais unies dans le respect d’une constitution et un État de droit adopté par ce peuple.

Par un vote, des représentants, des gouvernants et des juges peuvent être élus, une loi adoptée ou retoquée par un référendum. Sa qualité démocratique ne rend pas ce vote sacré et n’établit aucune vérité. Il n’est juste et ne compte qu’au moment où il est prononcé.

C’est une manière de décider, de choisir des bonnes personnes ou des salauds, mais pas d’avoir raison ou tort, seule l’histoire pourra en juger.

La démocratie n’est pas une « valeur », c’est une méthode appliquée dans des républiques, là où le peuple est souverain. D’autres systèmes politiques existent, dont aucun n’a ma préférence – sauf si j’en étais moi-même l’unique citoyen, dictateur ou tyran…

Diversité

C’est le contraire d’homogénéité. Il y a des différences dans la diversité, ce qui est indispensable pour toute forme de vie, de l’amibe à la société humaine.

Droits de l’Homme

Dans leurs constitutions, les pays fixent des principes fondamentaux du droit qui concerne chaque personne, l’individu étant le constituant premier de toute société. Entre autres conventions, la Déclaration universelle des droits de l’homme doit être respectée par tous les États membres de l’ONU, bien que certains d’entre eux le font en émettant des réserves, en particulier à condition que les articles énoncés n’aillent pas à l’encontre des dispositions de la chari’a musulmane. Le Vatican n’est pas membre de l’ONU.

S’ils ont fait l’objet de déclarations solennelles, cela indique qu’ils n’avaient pas cours auparavant ; ils n’ont rien de naturel mais sont l’expression d’un choix idéologique. Leur universalité est de plus en plus mise en question, d’une part par un relativisme destructeur, et d’autre part au nom d’un utilitarisme liberticide.

Un féminisme primaire veut remplacer cette expression par ‘droits humains’, ce qui n’est pas valable car cet adjectif qualifierait les droits mais pas les personnes. On ne parle pas non plus de droits enfantins ni de droits féminins mais, s’il est nécessaire d’en spécifier à l’endroit de ces personnes-là, des droits de l’enfant ou de la femme. Aujourd’hui, il serait plus adéquat de parler des droits de la personne humaine ou de l’être humain, mais utiliser le titre officiel est plus simple et sans équivoque pour qui en connait l’histoire.

Cela dit, les droits de l’homme ne sont respectés que dans peu de pays et ce avec des lacunes ; il n’y a pas de quoi donner de leçon à quiconque à ce sujet.

Durabilité

Faute de traduction directe de l’anglais sustainability – aptitude à se soutenir soi-même – la réduction de ce concept à une durée de vie ou de survie n’est pas convenable, car sans relation avec les dépendances que cela implique.

Une situation que l’on veut durable peut être unsustainable – c’est-à-dire insoutenable en français – comme l’agriculture bio sans subventions, les énergies renouvelables intermittentes, etc.

Par ailleurs, une situation insoutenable ne devrait pas être durable alors qu’elle l’est, comme les sentiments racistes ou les impôts.

Pourquoi ne pas utiliser ‘soutenable’ et ‘soutenabilité’ ?

Écologie, écologique

Une science agrégeant plusieurs domaines de connaissance s’est vu prise en otage par une politisation.

Aucune politique écologique n’est nécessaire, pas plus qu’une politique chimique, biologique, physique ou géologique.

Fondées sur des connaissances scientifiques et tenant compte des incertitudes qui y sont liées, des lois sont nécessaires pour fixer des limites de tolérance à la pollution afin de préserver la santé des gens, pour protéger des écosystèmes ou gérer des ressources naturelles.

C’est de politique environnementale dont la tragédie des communs a besoin. Une politique qui donnerait prépondérance à une cause en relation avec l’environnement sur toutes les autres tient de l’idéologie de contrainte, c’est de l’écologisme.

Égalité

Au sens mathématique il s’agit d’une parfaite correspondance, signifiée par ‘=’.

Si une égalité absolue était en place, rien ne pourrait changer ; une force motrice est toujours associée à une inégalité, une différence, un gradient, une diversité.

L’égalité de traitement est un principe immuable des droits de l’Homme, ce qui est reflété dans les constitutions de régimes démocratiques. L’égalité des chances en découle, mais pas celle des intelligences, des talents ou des rétributions.

Émotion

Une bouffée de chaleur, un rythme cardiaque accéléré, des larmes de joie ou de tristesse apparaissent : les émotions se manifestent en toutes circonstances, plus ou moins mâtées par le contrôle que l’on est capable et désireux d’exercer sur soi-même. Avoir, montrer, subir des émotions n’est que très habituel et banal.

Il y a bien sûr son expression la plus simple, la plus artistique et donc la plus puissante qui permet de distinguer le beau du vilain, le bon du mauvais, le tragique et le comique.

En soi, il n’y a ni du bien ni du mal dans une émotion. Pourquoi donc la mode est-elle venue à en parler abondamment, de souhaiter qu’elle s’exprime et de la valoriser comme dans un culte ? La bienséance demande pourtant que l’on ne harasse pas les autres avec ses propres émotions, de ne pas en être le propagateur chez les autres, sauf, peut-être, par un sourire.

Montrer ses émotions ou en parler est parfaitement normal ; ce qui l’est moins, c’est de les exploiter. Rien n’est moins convaincant qu’une émotion surjouée, rien n’est plus abject qu’une émotion délibérément suscitée et entretenue. Que ce soit à Hollywood ou dans un rassemblement politique, les faiseurs d’émotion sont des manipulateurs qui jouent avec les cordes sensibles de leurs audiences ; ils sont capables du meilleur comme du pire.

À manipuler avec retenue !

Empathie

Le petit garçon en culote courte courre sur le gravier, s’encouble et atterri sur ses genoux qui se font bien égratigner : comment ne pas ressentir soi-même la douleur qui l’accable ? L’empathie se manifeste ainsi, ce n’est pas une décision ni une qualité, mais un ressenti, inexplicable. Il paraît que les sociopathes n’en ressentent aucune, c’est invérifiable tant que l’on n’est pas un sociopathe soi-même ; heureusement que j’en parle ici en méconnaissance du sujet.

Comme avec toute douleur, on peut la montrer ou l’occulter. Cependant, clamer son empathie équivaut à une comédie.

Réclamer que les autres en montrent est prétentieux et inacceptable.

Ces adeptes de l’empathie à tout bout de champ ne me sont pas sympathiques.

Idéologie

Tout individu dénué d’idéologie n’a aucune boussole. Son éducation, sa culture, ses expériences sociales, ses intérêts lui permettent de formuler son idée du monde qui l’entoure, tel qu’il pense qu’il est ou qu’il souhaite qu’il devienne.

Pourtant, selon Platon, du fond de notre cave nous ne percevons qu’une représentation du monde, différente de la réalité ou de la vérité. Irréalisable, un monde idéal n’est pas souhaitable ; c’est pourquoi l’idéologue sera toujours critiqué.

Dire « c’est de l’idéologie » pour confondre son adversaire ne sert à rien d’autre qu’exprimer son propre manque de convictions.

Inclusion

Il est amusant de constater que des droits exclusifs soient réclamés au nom de l’inclusion de minorités singulières.

En Suisse les majorités sont très relatives, et c’est bien ainsi car les minorités religieuses, linguistiques ou politiques ont toutes accès à tous les niveaux de pouvoir. La meilleure inclusion des minorités est celle qui ne se remarque plus, qui va de soi, celle où personne n’a besoin de se faire remarquer.

Se poser en victime d’un « système » et exiger d’y être inclus est une posture incohérente.

Jamais

Ne jamais utiliser cet adverbe de manière trop absolue. Et comme il ne peut être que binaire et absolu, toujours éviter de l’utiliser.

Justice

La justice s’exerce par l’application du droit tel qu’élaboré selon des règles démocratiques, et par le respect des droits d’autrui. Une justice d’occasion ou une justice en faveur d’une cause particulière est contraire à la justice. Une justice globale et parfaite n’est ni possible ni désirable, elle ne peut rester qu’humaine et faillible.

Libéral, libéralisme

Le problème avec ce mot est qu’il a plusieurs définitions, plusieurs préfixes et plusieurs adjectifs qualificatifs. Il a aussi ses gardiens du Temple qui ne souffrent aucune exception à leurs exégèses. Son usage de manière isolée est une garantie d’équivoque. En politique américaine c’est de gauche, en Europe c’est de droite voire d’extrême droite.

Il y a le libéralisme politique et le libéralisme économique qui souvent sont présentés comme opposés l’un à l’autre. Le néolibéralisme n’est qu’économique mais il est accusé de mener à des politiques peu libérales. L’ultralibéralisme n’est pourtant que celui des droits de l’Homme, incluant la propriété, la liberté d’entreprise et la responsabilité individuelle. Il est pourtant abhorré par une gauche trotskiste et sociale-démocrate qui préfère protéger les personnes en les déresponsabilisant et les amalgamant en masses dirigeables.

Une distinction concerne les libertaires et les libertariens, mais cela concerne avant tout le rôle attribué à l’État dans la gestion des biens communs et son degré d’engagement pour la protection des gens et de l’environnement.

Au vu de ces confusions, il vaut mieux éviter d’user de ce terme trop équivoque.

Liberté

Voir responsabilité, sans laquelle la liberté reste une coquille illusoire, vide.

La liberté n’a pas de loi.

Elle ne se laisse pas conditionner, contrôler ou contraindre par des lois humaines.
Ce sont les personnes qui se laissent conditionner, contrôler ou contraindre en consentant, volontairement ou non, à renoncer à leur liberté.

Libre arbitre

Le devoir et le droit de décider par soi-même, d’arbitrer, suppose que l’on soit en situation de penser et d’agir en connaissance de cause. C’est un préalable rarement satisfait, par inconscience, paresse ou ignorance. Aussi, nos instincts nous guident et nous tiennent à l’abri de risques démesurés sans que nous ayons à trancher des dilemmes cornéliens.

Les philosophes peinent à s’entendre sur le terme « libre » et encore plus à convenir que nous soyons dotés de cette liberté. Je peux bien sûr préférer la glace à la fraise plutôt qu’à la vanille, mais est-ce là un élément fondateur de ma liberté ? Pour des choix moins frivoles ou pratiques, liés à des principes de vie, d’éthique ou de morale, la question qui se pose est : comment sait-on vouloir ? Heureuse est la personne qui a la réponse, mais elle ne vaudra que pour elle-même.

Négationnisme, négationniste

Ce mot est chargé d’histoire, celle des crimes perpétrés par le régime nazi de 1933 à 1945. Selon l’art 262bis du code pénal suisse et la jurisprudence qui s’ensuit, il est criminel de nier publiquement ces crimes, mais pas selon le premier amendement de la constitution des États-Unis d’Amérique. Je n’ai pas besoin de ces dispositions légales pour estimer que ce régime fut plus qu’abominable.

Que ce soit ici ou ailleurs, celle ou celui qui n’adopte pas à 100,0 % la thèse de la catastrophe climatique à venir et de sa cause anthropique sera traité de négationniste. L’intention d’insulter est évidente. Même 99 % ne suffisent pas : comme je suis hérétique à propos des analyses scientifiques encore trop lacunaires et que je fustige les exagérations pseudo-scientifiques et politiques qui en découlent, je m’opposerai, par voies pénales si nécessaire, à quiconque me traiterait de climato-négationniste.

À l’inverse, celles et ceux qui oublient sélectivement les lacunes et les incertitudes scientifiques et qui exploitent une science balbutiante pour lui faire prédire les pires catastrophes causées par une activité humaine débridée sont des négationnistes avérés.

Phobie

Toute phobie peut être soignée, si l’on en a envie. Mais des phobies peuvent être entretenues, par soi-même pour s’autojustifier un manque de capacité de maintien, ou par d’autres, en promotion d’activisme politique ou sociétal.

Le problème de toute phobie est le sujet qui en est atteint, en aucun cas l’objet de cette crainte ou répulsion irraisonnée ; l’araignée ou la foule ne sont pas la cause de l’arachnophobie ou de l’agoraphobie. Il devrait en être de même de l’islamophobie ou de la xénophobie.

Les phobies de groupe n’ont rien de naturel ; sans exception elles sont créées par des instigateurs et entretenues par des manipulateurs. Il y a même de la perversité dans ces agitations lorsque les prétendues cibles suscitent une phobie à leur propre égard, cela s’appelle alors une instrumentalisation de la phobie. Traiter quelqu’un de -phobe signifie qu’il en est coupable et suggère que ses sentiments sont criminels. Dans ces cas, il vaut mieux se méfier du doigt qui désigne que de l’objet qu’il vise.

Populisme

Attitude politique qui se pose en défense du peuple, ou plutôt du petit peuple, en opposition avec les intérêts supposés des dirigeants ou des possédants.

Il n’y a pas un seul parti politique qui puisse se permettre de ne pas du tout être populiste. Souvent teinté de démagogie.

Recyclable

Consommer ce qui est recyclable, ce serait presque ne pas consommer, une vertu de sobriété conservée dans des circuits courts, citoyens, participatifs, écoresponsables, inclusifs et solidaires. Ouf, on y est !
Seulement il y a un hic : au fur et à mesure qu’une action de recyclage est entreprise, il faut y faire intervenir de l’énergie, diverses matières premières et du travail qui devra faire fonctionner un capital investit dans des machines. Et comme rien ne fonctionne avec des rendements de 100 %, d’autres déchets et sous-produits en sortent dont rien ne dit à priori qu’ils soient eux-mêmes recyclables ou valorisables. Cycle après cycle, les taux de récupération baissent inexorablement et plus grandes, grosses et dévoreuses de ressource doivent être les installations. Le rêve a ses coûts dès lors que la vertu du recyclage se butte aux dimensions de la réalité. It’s the ecomomy, stupid !

Renouvelable

Ce qui se produit de manière répétée n’est pas en soi renouvelable. Une fois soufflé, le vent a disparu. Aucune énergie n’est renouvelable car, une fois consommée et dissipée, il faut un autre apport, provenant d’une même source ou non, pour entretenir un processus dévoreur d’énergie. En matière de services et d’échanges de bons procédés, des abonnements ou autres contrats sont dits renouvelables alors qu’ils ne sont que des prorogations ou des répétitions.

Le seul renouveau est biologique, celui de la vie transmise de génération en génération, avec l’apparition d’individus originaux et uniques.

Résilience

Ce terme est issu de la science des matériaux et concerne l’aptitude à subir un effort sans que cela ne laisse de trace, à rebondir sans marque ni blessure. Le roseau plie mais ne se rompt pas, il est plus résilient au vent que le chêne.

Le point clé de ce concept est qu’après avoir souffert une contrainte, aucune trace résiduelle indiqueraient une mémoire de l’effort subi.

Rien n’est résilient en soi, cela change selon les conditions dans lesquelles une force est exercée, par exemple la température à laquelle une barre d’acier plie sans retrouver sa forme initiale.

Rendu célèbre par les publications du neuropsychiatre Boris Cyrulnik, ce terme est maintenant utilisé en confusion avec résistance, guérison ou aptitude à la survie. La politique s’en empare pour, soi-disant, rendre la société ou l’environnement plus résilient, à l’instar du deuxième groupe de travail du GIEC dont un chapitre de son rapport est dédié à « un développement résilient au climat », tout en y donnant une définition foireuse qui en nie la signification première. Des Diafoirus nobélisés !

Tant en psychologie qu’en sociologie, aspirer à la résilience est absurde, sauf pour les totalitaires orwelliens qui comptent sur l’absence de mémoire et de traces historiques pour imposer leurs idéologies coercitives. Quoi de plus agréable en effet qu’un peuple soumis et inconscient de l’être et de l’avoir été. Pourtant, tout apprentissage doit laisser ses traces ou même des cicatrices, sinon rien ni personne ne pourrait se consolider et progresser. Ce n’est pas la résilience qui forge nos âmes.

Se relever des malheurs et des traumas,
ne pas les effacer.

Responsabilité

Voir liberté, sans laquelle aucune responsabilité n’est vraiment engagée.

La responsabilité n’est pas un choix, elle est la conséquence des actions et inactions que l’on décide d’entreprendre.

Socialisme

Dans plus de 90% des cas, peut être remplacé par marxisme.

Tolérance

Il n’y a aucune vertu à tolérer. Ce n’est qu’une méthode afin de ne pas entrer en conflit ouvert avec ce qui dérange ou ce que l’on déteste. Il n’y a pas besoin de tolérer ce que l’on aime, mais on sera plus tolérant si l’on aime.

Et comme, en ceci ou cela, je dérange mon entourage proche ou lointain, j’ai plus besoin de sa tolérance que de son jugement de valeur.

La réciprocité de la tolérance
rend la vie en société tolérable.

Toujours

Ne jamais utiliser cet adverbe de manière trop absolue. Et comme il ne peut être que binaire et absolu, toujours éviter de l’utiliser.

Valeur

Les valeurs sont sacrées, la valeur de ce morceau de fromage est discutable.

Se gausser de valeurs donne un haut sens moral alors qu’il ne s’agit que de principes que l’on tente de respecter.

Les principes républicains peuvent avoir de la valeur à mes yeux et ne pas valoir pipette pour un Chinois.

Mieux vaut se contenter des valeurs économiques qui sont parfois, mais pas toujours, estimables en termes relatifs et donc négociables.

Absolues, les valeurs morales ne sauraient recueillir aucune forme d’unanimité.

Vérité

Contrairement à ce qui se dit, la science n’est pas à la recherche de la vérité, ce serait trop présomptueux. Pousser sa curiosité pour étendre les connaissances, les confronter à d’autres, tenter de réfuter des théories établies et en connaître les limites : cela permet à la science de progresser, sans atteindre aucun stade ultime.

La vérité n’est pourtant pas relative, le seul problème est de ne pas en savoir l’absolu, sauf par une révélation religieuse. Le mensonge et l’omission sont plus faciles à détecter car nous sommes tous experts en la matière.

Woke

A début, il s’agissait de s’éveiller aux causes endormies, oubliées, confinées ou maltraitées ; qui s’en offusquerait !

Désormais, toute majorité n’aurait plus simplement à respecter les minorités ou les singularités qui ne dérangent personne, mais elle doit leur donner tous les droits, même celui de réécrire l’histoire. À ma connaissance, il n’existe pas de « communauté » hétérosexuelle, ou de carnivores, ou de mâles d’une certaine couleur ; il n’est donc pas évident que des conditions génétiques ou des choix personnels en matière d’orientation sexuelle ou de préférences culturelles doivent motiver la formation de « communautés », comme s’il s’agissait de tribus à implanter dans une société accusée de malveillance à leur égard.

Ces mises en scène et ces injonctions à l’inclusion sont des provocations qui, au fond, démontrent un refus d’intégration dans une société qui, au moins dans les régimes démocratiques et civilisés, est ouverte et garantit les droits fondamentaux de tous, dont celui d’association qui ne prévoit ni exceptionnalisme ni quotas.

En fin de compte, je n’ai rien contre ces minorités et, bien sûr, je respecte les personnes qui en font partie, mais le bât blesse au point d’être intolérable lorsqu’il devient obligatoire d’adhérer à des vues ou à des pratiques qui ne sauraient être normatives, bien au contraire.


à suivre, de temps à autre…


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2 thoughts on “Les mots à toutes les sauces”

  1. Cher Michel,
    N’y aurait-il pas une petite erreur dans cette phrase sous « Libéral, Libéralisme » 

    Il aussi ses gardiens du Temple qui ne souffrent aucune exception à leurs exégèses. ?

    Je suis entrain de lire ton excellent « papier » qui me fait beaucoup réfléchir à notre langage sociétal !!

    Bravo et mes salutations

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