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Limiter la population en Suisse à 10 millions ?

Limiter la population en Suisse à 10 millions ?

Une initiative populaire fera l’objet d’une votation du peuple et des cantons le 4 juin 2026. L’article 73 de la Constitution qui concerne le Développement durable devrait être modifié dans le but de limiter la population résidente du pays à un maximum de 10 millions avant l’année 2050. Ensuite, ce maximum devrait être adapté à l’évolution naturelle de la population, c’est-à-dire ne plus tolérer aucun solde migratoire positif. Des conditions transitoires strictes dictent ce que doit entreprendre le gouvernement (le Conseil fédéral) dès l’approbation de cette initiative afin de juguler les flux migratoires, l’asile en particulier, et le cas échéant, de dénoncer les traités qui empêchent notre pays de les limiter.

Venant du Symmetochi, ce pays à l’histoire incertaine situé juste au-delà de la Syldavie et qui s’essaye à être un clone du nôtre, deux journalistes ont souhaité m’interviewer à ce sujet. Au premier contact avec eux, il m’est apparu clairement que l’une, Kouboma, avait de la sympathie pour cette proposition, alors que l’autre, Amphival, avait bien des doutes. Voici le souvenir que j’ai gardé de cette conversation.

Kouboma : Il semble que dans votre pays, la conscience écologique est accompagnée d’un activisme constructif qui fait usage des outils de votre démocratie semi-directe pour faire bouger les choses.

Michel de Rougemont : En effet, avec 100 000 signatures valables il est possible de soumettre des modifications de la Constitution à l’approbation du peuple et des cantons. Si de telles propositions viennent du Parlement, elles doivent obligatoirement être soumises à ce vote. L’histoire nous enseigne cependant que depuis que ce droit existe, seulement 26 initiatives ont été adoptées sur 240 qui ont fait l’objet d’un vote. Si la barrière d’entrée est assez facile à franchir, convaincre le peuple et les cantons n’est pas à la portée de n’importe quoi. 

Il ne faut donc pas comprendre une mise au vote d’un quelconque sujet comme une tendance profonde de la conscience politique dans notre pays.

Amphival : Pourquoi une initiative clairement destinée à réguler l’immigration et la présence des étrangers dans votre pays concerne-t-elle le développement durable ?

MR : Au cours des 60 dernières années on a voté pour une douzaine d’initiatives concernant l’immigration selon des prétextes divers. Une seule a été acceptée en 2014 et mise en œuvre de manière cahoteuse. C’est dire que la référence à la durabilité sonne comme une cloche opportuniste pour une initiative de plus.

Cependant, si l’on adopte le point de vue d’un éco-anxieux qui n’entrevoit le salut de la planète que par une décroissance, cela devient cohérent. Cela crée une alliance bizarre entre xénophobes et écolos.

Kouboma : Vous ne pouvez pourtant pas nier que votre pays, qui déborde de richesses souvent mal acquises, est confronté à ce qui ressemble à un étouffement morbide : pénurie de logement et hausse des loyers, transports publics bondés et routes embouteillées, santé de plus en plus chère avec de plus longs délais d’attente pour des opérations courantes, paysage bétonné, écoles incapables d’assurer leur mission. 

MR : Sur la nature et la provenance de nos richesses, vous pouvez vous épargner de répéter les insultes et mensonges devenus si courants qu’ils glissent comme l’eau sur les plumes d‘un canard. Sachez en tous cas que notre pays, pauvre en ressources naturelles à part la pluie, ne sait que mettre en valeur les qualités de ses habitants. Cela les a obligés plus qu’ailleurs à les développer, sans oreiller de paresse coloniale ou minière, et à s’adapter sans cesse aux défis des marchés internationaux.

Quant à la liste de doléances que vous avez copiée du pamphlet de propagande en faveur de cette initiative, il n’y a pas lieu d’en nier la réalité. Des solutions doivent être trouvées sans perdre de temps à les ruminer. Celle proposée par l’initiative est la pire manière de ne rien résoudre ; elle va à l’envers du bon sens comme nous le verrons lorsque nous parlerons de faits, calés et chiffrés. 

Et, sans vouloir sonder la psyché du comité ayant lancé cette initiative, croire que tourner le seul bouton de l’immigration provoquerait un nirvana durable tient du délire ou, plus dangereusement, d’une volonté à caractère fascistoïde. 

C’est d’ailleurs une démonstration que l’écologisme radicalement décroissant n’a rien d’humaniste, bien au contraire.

Kouboma : Vous ne pouvez pas non plus argumenter qu’il n’y aurait aucune limite à ce développement. 

MR : Ce n’est pas mon propos. Ce que je sais au point d’en être certain, c’est que personne n’est capable de la fixer, cette limite. Déterminer sa nature et sa magnitude, cela tient de l’exercice impossible. Ni vous, ni moi ne saurions le faire, et surtout pas un comité référendaire monomaniaque.

C’est plutôt un épouvantail qui est fabriqué, une immigration dite de masse, alors que les problèmes cités ne sont que l’expression d’un succès, lui aussi indéniable.

Amphival : De quel succès s’agit-il ? La réputation de votre pays est d’être riche, propre et beau, mais aussi excessivement coûteux, exclusif et donneur de leçon, exploiteur d’une force de travail importée.

MR : Ce n’est pas faux, bien que cela ne nous fasse pas pire qu’aucun des autres ; aucun, vous dis-je, avec toute l’arrogance nécessaire.  

Laissez moi vous présenter un aperçu des vingt dernières années sous forme de « fiche d’évaluation » :

Il faut lire les chiffres pour comprendre les phénomènes sous-jacents.
En bref :

  • La démographie est en hausse par l’immigration, en forte baisse par la natalité et en décrépitude par la vieillesse.
    L’accroissement naturel (naissance – décès) des Suisses est négatif, et ce depuis longtemps. Les décès augmentent en relation du vieillissement de la société mais l’espérance de vie des >65 ans et leur nombre augmentent aussi.
    Les besoins de la société évoluent dans le sens d’une démographie qui n’est pas manipulable à court ou moyen terme.
    Les défis intergénérationnels n’en sont qu’à leurs débuts.
  • L’emploi est en hausse par l’immigration. La population étrangère ne croît pas plus vite que l’emploi des étrangers, signe que l’immigration est de travail, pas de recherche d’assistanat.
  • L’emploi dans l’industrie baisse, mais de manière plus marquée que sa participation au Produit intérieur Brut. C’est un signe d’une plus grande efficience.
  • C’est l’inverse qui se produit dans les services où la croissance de l’emploi est supérieure à celle de la valeur.
  • L’emploi public croît plus que le privé. Plus d’administration est source de plus de chicaneries (il faut bien manifester son existence), pas de prospérité.
  • Le bilan économique est remarquable.
    Avec une population active qui a augmenté d’environ un million de personnes, la richesse créée (en tenant compte de l’inflation) a augmenté de plus de 20% pour chacun des habitants du pays, y compris les bébés, les vieillards et les immigrants.
    Cela s’appelle développement de la prospérité générale.

Lorsque l’on se plaint de désagréments, c’est bien depuis des hauteurs stratosphériques.

Kouboma : Il faut pourtant les résoudre, ces problèmes. Que proposez-vous ?

Il faut voir ces problèmes comme un coût associé au succès et, surtout, à la vitesse avec laquelle il s’est construit. Les multiples goulots d’étranglement – logement, transports, énergie – doivent faire l’objet d’investissements massifs et rapides. Cela exige aussi une agilité et une ouverture d’esprit des autorités qui doivent approuver des gros projets, et des traitements rapides par les tribunaux en cas de contestation. Mais ce n’est pas la question posée par l’initiative.

Ce sont des femmes et des hommes au travail qui résoudront ces problèmes. Et le marché du travail est sous tension, tant pour les métiers de peu de qualification que pour ceux de pointe –médecine, ingénierie, informatique. Il est même difficile d’engager des apprentis dans plusieurs corps de métiers. La Suisse est déficiente dans l’éducation et la formation des acteurs de sa prospérité. C’est un déficit structurel, le corriger prendra une génération ou plus. L’acceptation de l’initiative ne ferait qu’exacerber cette situation.

Le bassin de recrutement étant asséché et il faut aller chercher plus loin, aussi en dehors de l’Europe, avec toutes les tracasseries bureaucratiques que cela implique (à cause de l’initiative « contre l’immigration de masse » adoptée en 2014).

Les “bullshit-jobs” confiés aux immigrants les moins qualifiés prennent de plus en plus d’importance ; ils ont besoin de réforme pour en augmenter l’attractivité et la qualité. De cela les initiants ne parlent pas, ce qui ne fait pas disparaître le problème pour autant.

Les progrès en matière de santé et de protection de l’environnement sont des bénéfices, les doléances présentées par le comité de l’initiative sont les problèmes à résoudre. Notons aussi que ce prix à payer s’intègre constamment dans les comptes nationaux. Aucun plan d’exception ou d’endettement n’est nécessaire pour gérer notre vie commune, économique et sociale. Cela nous distingue fortement de nos voisins.

La prospérité est démontrée. Elle est essentielle, car elle nous donne des marges de manœuvre que d’autres n’ont pas, par leur impéritie, leurs blocages idéologiques, ou les deux. Ne les copions pas !

Kouboma : Vous êtes en train de vous faire des jaloux ! Vous ne parlez pas de la criminalité engendrée par les migrants ni des difficultés d’intégration des étrangers dans votre tissu social.   

MR : Oui, cela fait des envieux.
Mais faut-il pour autant présenter des excuses à quiconque ? 

La prospérité oblige ceux qui en disposent à l’utiliser à bon escient. Cela ne manque pas, mais c’est un autre sujet, sans lien avec cette initiative.

La criminalité est un hochet facile à agiter pour exciter les foules, parce qu’elle est indéniable. Oui, une population plus jeune et faite de migrants déracinés présente une criminalité plus élevée que celle des autochtones. En voici les chiffres officiels :

Donc, même dans le “groupe à problème”, celui des requérants d’asile qui ont été déboutés mais qui restent dans le pays faute de pouvoir ou vouloir rentrer chez eux, à plus de 99 % ils ne font pas l’objet de condamnation pénale. Et n’oublions pas qu’il y a redondance : parmi les condamnations prononcées pour ceux-là, certaines concernent les infractions… au droit d’asile.

La demande au droit d’asile est très volatile, avec des pics dus à des crises politiques et des guerres qui se déroulent dans le Monde, hors de notre influence. Sauf de rares et horribles exceptions dans l’histoire, ce n’est pas un phénomène massif permanent. Mais beaucoup de migrants s’annoncent à ce titre alors même que leur situation ne correspond pas aux critères de l’asile. Ce n’est en moyenne qu’un requérant sur cinq qui est admis à la fin d’un processus fastidieux, dur, voire violent, même si la bienveillance en est un principe. L’asile est une obligation humanitaire qu’il ne faut pas confondre avec les autres questions liées à l’immigration. Les initiant se trompent ou se mentent à eux-mêmes lorsqu’ils confondent ces deux flux, la migration élective et la fuite vers des terres d’asile.

L’intégration de tout immigré est un défi posé tant à lui-même qu’à notre société. Il faut admettre d’emblée qu’elle ne sera accomplie qu’après plusieurs générations. Il me semble que cela se passe moins mal que chez nos voisins où, par une urbanisation catastrophique, des ghettos se forment dans lesquels des communautés deviennent des clans. 

“Nos” immigrants sont très divers, les plus nombreux proviennent de l’Union européenne. Même dans des quartiers dits populaires des grandes villes, quand bien même la population étrangère y est très majoritaire, aucun groupe dominant ne s’y impose, ni ethnique, ni religieux, ni politique. Cette diversité est presque un miroir de la Suisse elle-même, sans majorité abusive de sa position. La répartition des immigrants dans tout notre territoire semi-urbain dilue aussi le potentiel d’apartheid. 

Un bémol cependant : paradoxalement, l’arrivée en nombre de professionnels hautement qualifiés dans nos entreprises et dans nos hôpitaux crée des tensions quant au management et à la culture de gestion. La suissitude se voit réduite à l’usage de schwizerdütsch dans les couloirs, et à un anglais standardisé à la LinkedIn et au style WEF-davosien dans les salles de réunion. Ils ont aussi une tendance à mettre leurs enfants dans des ateliers protégés aussi appelés écoles internationales, là où leurs camarades de classe ne deviennent pas des copains de quartier et où ils ne savent pas non plus d’où ils viennent. Que ce soit ici ou ailleurs dans le monde, c’est une immigration qui flotte entre deux eaux, souvent dédaigneuse du pays d’accueil et de ses gens, une sorte d’autochtophobie.

Kouboma : Une autre question est identitaire. Dans quelle mesure existe-t-il un risque de “grand remplacement” culturel ?

MR : À mon sens, ce risque est vastement surestimé. Autour des années 1980, il était devenu ringard de se féliciter d’être suisse alors même que, vu de l’étranger, c’était considéré comme un enviable privilège. Mais notre tissu culturel et social reste intact, en grand comme dans les fêtes fédérales de lutte, de gymnastique, de yodel, ou en plus petit dans les associations locales, chorales, loisirs, fêtes de villages, etc. En émerveillement aussi, lorsque l’on parcourt, visite et contemple le pays.

Il n’est pas exagéré de dire que l’existence même de notre Confédération est une manifestation civilisationnelle : par sa composition hétéroclite, ses multiples majorités, et sa subsidiarité politique encore vivace, quoique sans cesse en bute à des efforts collectivistes. Notre softpower ne doit pas être sous-estimé, aussi à l’étranger par le truchement de nos industries exportatrices.

Soyons aussi sérieux vis-à-vis des frileux et des « -phobes » de toutes catégories. Si leur culture prétendue supérieure ne valait que parce qu’on interdirait ou supprimerait les autres, alors elle ne vaudrait rien. 

Cependant, les bonnes habitudes s’oublient, par exemple celle de la paix du travail, inventée en 1937, ou une bienveillance considérée aujourd’hui comme mâle, blanche et paternaliste (= pas bonne) alors qu’il s’agit de respect. On se tutoie sans se connaître. Des cantons alémaniques sabordent l’enseignement du français au prétexte utilitariste qu’un anglais global et vulgaire serait plus abordable ; en cela ils trahissent un pacte fédéral non-écrit. Mais tout ça n’est pas non plus du ressort de l’initiative pour laquelle il faut voter par un simple oui ou non. 

Amphival : Si adoptée, cette nouvelle politique de durabilité par le biais d’une immigration zéro aura des répercussions sur les relations de la Suisse avec ses voisins, avec des sanctions possibles imposées par l’Union européenne. Que faut-il anticiper ?

MR : En sus de celui de la durabilité, c’est un deuxième sous-marin plongé dans la mare de cette initiative. Il fera immanquablement surface sans que l’on puisse en présager les effets. Ce qui est très explicite dans les dispositions transitoires, c’est qu’elles anticipent la résiliation de l’accord ave l’UE sur la libre circulation avec, notons-le aussi, des conséquences pour les nombreux Suisses qui habitent dans l’un ou l’autre des pays membres. Par une clause “guillotine”, telle résiliation entrainerait celle des autres accords qui font partie du paquet “bilatérales II”.

Certains se réjouiraient que l’on en arrive là, d’autre craignent cela comme la peste. Ils ont bien sûr tous raison car leurs raisons ne sont pas les mêmes. 

Pour ma part, je considère tous ces arguments somme superflus, car il y plus important. Notre Conseil fédéral a récemment signé un paquet d’accords de « stabilisation et développement des relations Suisse-UE” ––négocié avec la Commission, le Conseil de l’UE l’a confirmé. Il faudra voter sur ce paquet, et ce sera le moment de prendre une décision vraiment historique. Qu’on le veuille ou non, une remise à zéro avec ou sans ce paquet sera à l’ordre du jour, y compris les termes de plusieurs articles constitutionnels, dont celui de cette initiative si elle était adoptée. Pour l’instant, la crainte d’une réaction courroucée des apparatchiks de Bruxelles est un mauvais argument des opposants à cette initiative. 

Kouboma : Vous nous présentez ce qui est en jeu, sans nier les problèmes mais sans avaler les diverses propagandes. Mais en fait, qu’allez-vous voter ?

MR : Permettez-moi une pirouette : le vote est secret. Chez nous, on ne pose pas une telle question. Chacun est libre de présenter des arguments, de discuter, de se disputer, de convaincre ou d’être convaincu ; c’est mon choix d’en parler ici, mais pas une obligation que je doive à quiconque.

Ce que cette initiative propose est de se rogner les ailes qui nous permettent de voler, sans avoir ni piste d’atterrissage ni parachute. C’est irresponsable. Les défis à affronter ne seront pas maîtrisés par une mesure si simpliste et si peu durable. Et si dans mes réponses vous n’avez pas compris que je ne donnerai pas ma voix à cette initiative d’apprentis sorciers, alors j’ai dû mal m’exprimer.


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2 thoughts on “Limiter la population en Suisse à 10 millions ?”

  1. Les faits sont têtus:
    § Notre natalité est très insuffisante, il devrait y avoir diminution de population: les Suisses sont en train de lentement disparaître – très probables raisons: surpopulation …
    § La population est en croissance exponentielle, les Autorités fédérales n’ont pas respecté les promesses d’arrivages modestes d’immigration, n’ont pas réagi, avec une clause de sauvegarde qui pourtant existe: il y a maintenant URGENCE.
    – – –
    Ce devra être appliqué par un Conseil fédéral et un Parlement champions de savoir contourner les voeux du peuple suisse; pour exprimer clairement qu’il faut tirer les freins à la surpopulation, je voterai OUI le 14 juin à cette initiative.

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