D’un point de vue anthropomorphique, le chaos n’est certainement pas souhaitable. D’un point de vue cosmologique, on pourrait se demander s’il n’est pas l’une des composantes d’un dessein qui nous échappe. Heureusement, pas d’affolement. Le chaos n’est pas catastrophique car il est lui-même contraint: par la vitesse de la lumière, par les lois de conservation, par la thermodynamique, par les murs de Planck, par l’incertitude temps-fréquence, … Comme son parent le hasard, il pourrait même être créateur de sérendipité. Mais, j’arrête ici, nous sommes le 1er janvier. A votre santé! Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Reply
Le prix Nobel de chimie 1977 Ilya Prigogine et son collègue Grégoire Nicolis, tous deux à l’Université Libre de Bruxelles, ont dévelppé dans les années 70 ce que l’on pourrait appeler une théorie de la complexité dans un livre fondamental : « Self-organization in nonequilibrium systems – From dissipative structures to order through fluctuations » (Wiley, 1977, 491 p.). Ils ont élargi leur propos dans « Exploring complexity » (Freeman, 1989, 313 p.), en français « À la rencontre du complexe » (PUF, 1992, 382 p.). La théorie des bifurcations, celle de la sensibilité aux conditions initiales et l’importance des non-linéarités, des instabilités et des états de non-équilibre de sytèmes dynamiques permettent d’aborder les sytèmes complexes, tout d’abord physico-chimiques, puis biologiques et même socio-économiques. Cela nous oblige à repenser l’imprévisible. Je reste foncièrement optimiste sur la possibilité d’une compréhension du chaos qui n’est pas l’antinomie du cosmos, mais en fait partie. Cela dit, la situation mondiale reste d’une complexité et d’une instabilité redoutables et fait craindre un vin bien médiocre, je le crains, durant les années qui viennent… Reply