Il est devenu de bon ton de dire que le marché de l’électricité fait que les coûts de production, sous quelque mode que ce soit, ne sont plus couverts par le prix.
Tous répètent cela :
- tant ceux qui disent que le nucléaire n’est plus rentable,
- que ceux qui veulent vendre leurs centrales hydroélectriques,
- que les fanas des renouvelables pour justifier prix garantis et autres subventions.
Le curieux-critique se demande : comment est-il possible qu’un secteur entier soit au bord de la faillite ?
La réponse est : il n’y a pas de faillite, simplement une vue distordue de ce marché.
En prenant comme référence de prix les données de la bourse epexspot (www.epexspot.com) on trouve pourtant que ce soi-disant marché n’est que très partiel :
| Marché électrique européen | FR | DE+AT | CH | |
| Volume total traité en bourse epex 16 juin 2015-15 juin 2016 |
113’185 | 250’547 | 25’360 | GWh |
| Production 2015 | 545’959 | 645’115 | 66’011 | GWh |
| Consommation 2015 | 475’403 | 590’112 | 63’411 | GWh |
| Exports net 2015 | 70’556 | 55’003 | 2’600 | GWh |
| soit | 12.9% | 8.5% | 3.9% | de la production |
| Portion traitée en bourse epex | 21% | 39% | 38% | de la production |
| donc non traité en bourse | 79% | 61% | 62% | de la production |
| Note: il est probable que le volume traité en bourse concerne plusieurs fois les même lots de production, c’est-à-dire que le volume finalement consommé passant effectivement par le “libre” marché est encore plus faible que calculé ici. | ||||
Il me semble donc que l’on va vite dans les jérémiades, en Allemagne-Autriche et en Suisse plus de 60% sont négociés en dehors de cette bourse, en France ce sont même 79%.
Elle ne reflète donc qu’un prix spot (actuellement autour de 30 €/MWh) qui n’est pas représentatif du marché dans son ensemble.
Les politiciens en savent-ils plus ou se contentent-il de se baser sur un effet relativement mineur pour décider de stratégies plus ou moins bénéficiaires pour celles et ceux qu’ils représentent ?
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